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24/06/2008

Le non irlandais est antidémocratique

Le quotidien Diário Economico rend les gouvernements nationaux responsables de l'échec du traité de Lisbonne : "C'était les gouvernements de chacun des Etats membres de l'UE qui voulaient le traité. Qui n'est pas satisfait du traité de Lisbonne doit par conséquent adresser sa critique aux 27 capitales européennes. ? On prétend également que le traité est volontairement compliqué, afin que les Européens ne le comprennent pas? Le traité est confus ? Car tout a été fait pour que figurent les intérêts de tous les Etats membres. ? Beaucoup évoquent la décision démocratique de l'Irlande et oublient les décisions démocratiques des autres pays dans lequel le traité a été ratifié ? Simplement parce qu'aucun référendum n'y a été effectué. On ne peut toutefois pas faire abstraction de la légitimité de chaque parlement en tant que représentant du peuple. ? Si les Irlandais devaient décider de l'avenir d'un traité ayant une influence sur des millions de citoyens européens, ce serait la plus grande manifestation anti-démocratique en Europe depuis la fin du régime soviétique."

12/06/2008

UNION EUROPÉENNE • Comment Bruxelles veut contourner un non irlandais

Alors que les Irlandais se prononcent sur le traité de Lisbonne, The Daily Telegraph assure que les dirigeants du pays et les autorités européennes ont déjà prévu les moyens d'appliquer le texte.
DE BRUXELLES,
De hauts responsables à Bruxelles préparent des plans pour s'assurer que le traité de Lisbonne sera bien appliqué ailleurs au cas où l'Irlande le rejetterait par référendum. Des mesures comme la création d'un président de l'Union européenne (UE), d'un ministre des Affaires étrangères et de services diplomatiques seront peut-être retardées, mais elles devraient malgré tout finir par être mises en place.

A en croire un diplomate, un "mécanisme de soudure" serait en discussion. Si l'Irlande rejette le traité, peut-être sera-t-elle simplement retirée de la liste des signataires. Elle ne serait ainsi pas légalement contrainte d'en respecter les clauses.

D'ici à la fin de 2009 ou au début de 2010, quand la Croatie entrera dans l'UE, un "traité d'adhésion" ayant valeur d'amendement sera voté par tous les membres, y compris Dublin. Il comprendrait une série de protocoles prévoyant sur le papier des "issues" aux problèmes que l'Irlande peut avoir avec l'UE, comme les pouvoirs fiscaux ou une plus grande coopération militaire.

Ces textes ne seraient pas sans rappeler les clauses d'exemption dont dispose le Royaume-Uni sur la Charte des droits fondamentaux et les questions sociales dans le traité de Lisbonne actuellement ratifié à Westminster. Comme le reste de l'Europe, l'Irlande n'organise pas de référendums sur les traités d'élargissement de l'UE. Avec les nouveaux protocoles, Dublin pourrait faire passer un traité d'adhésion au Parlement irlandais sans avoir recours à une consultation du peuple.

"Ce mécanisme ne serait pas plus incompréhensible ou légaliste que le traité lui-même", déclare-t-on de source officielle. "Il n'est probablement pas plus compliqué que les allées et venues qui ont été nécessaires pour transformer le Traité constitutionnel en traité de Lisbonne après son rejet par les Français et les Néerlandais. Tout est une question de temps."

Ces dernières semaines, les responsables irlandais se sont réunis à huis clos pour débattre de la possibilité d'une application du traité, avec ou sans référendum. Lors de discussions portant sur la création d'un corps diplomatique européen, les 7 et 13 mai, les diplomates irlandais ont défendu leur position sur la composition du Service d'action externe européen et le rôle du futur ministre des Affaires étrangères de l'UE.

Les minutes secrètes de ces rencontres, que le Daily Telegraph a pu examiner, montre que Bobby McDonagh, représentant de l'Irlande auprès de l'UE, a plaidé auprès de ses collègues afin que ces négociations et la position de Dublin restent confidentielles. "[Nous] devons nous montrer prudents quant à la façon de présenter ces questions !"
Bruno Waterfield

24/05/2008

Irlande : Référendum sur le Traité de Lisbonne du 12 juin 2008 (Analyse)


Référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande,
12 juin 2008




Le traité modifiant le traité sur l'Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne a été signé le 13 décembre 2007 à Lisbonne par les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l'Union européenne.
S'il est ratifié par tous les Etats membres, il entrera en vigueur le 1er janvier 2009.
L'Irlande est le seul Etat européen qui soumettra sa ratification à référendum, procédure rendue obligatoire par les articles 46 et 47 de la Constitution irlandaise.
Le référendum se déroulera le 12 juin prochain.

Le 6 mars dernier, l'Oireachtas (Parlement) publiait le 28e amendement à la Constitution, autorisant l'organisation d'un référendum sur la ratification du traité de Lisbonne. Ce texte rappelle que l'Irlande a obtenu une clause d'exemption quant à sa participation à une défense européenne commune ainsi que, comme son voisin britannique, sur les décisions prises à la majorité qualifiée en matière de police et de justice. Cette dernière exemption sera revue 3 ans après l'entrée en vigueur du traité, soit le 1er janvier 2012.
L'Irlande fait figure de symbole de la réussite européenne. En effet, 35 ans après son adhésion, celui qui était alors le plus pauvre des pays du continent en est devenu le plus riche (derrière le Luxembourg) en termes de PIB par habitant (+ 10% par rapport à la moyenne de l'UE). Dublin est l'économie la plus dynamique de la zone euro, possédant l'un des taux de chômage les plus bas du continent, un budget à l'équilibre et une dette publique quasi nulle. Après avoir longtemps été récipiendaire des subventions de l'Union européenne, l'Irlande en est désormais un contributeur net.

Le pays a déjà connu 6 référendums sur des questions européennes : le 1er en 1972 portait sur l'adhésion du pays à la Communauté économique européenne (83,1% s'y déclaraient favorables), le 2e en 1987 concernait l'Acte unique (69,9% l'avaient approuvé), le 3e portait sur le traité de Maastricht en 1992 (69,1% se prononçaient pour le "oui"), le 4e en 1998 pour le traité d'Amsterdam (61,74% de "oui"). Lors du 5e en 2001, les Irlandais avaient, dans un premier temps, rejeté le traité de Nice (53,87% avaient voté "non") avant de l'approuver par 62,89% lors d'un nouveau référendum, le 6e, en 2002.

Instruites par le souvenir du référendum sur le traité de Nice de 2001 et par les "non" français et néerlandais de 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, et convaincues de l'importance de l'enjeu, les autorités irlandaises ont décidé de faire un important effort d'information pour le scrutin du 12 juin. Plus de 5 millions d'euro ont été affectés à la campagne d'information. Un guide de 32 pages (en anglais et en gaélique) du traité de Lisbonne sera envoyé à chaque foyer irlandais et un site internet (www.lisbontreaty2008.ie) a été ouvert et fournit toutes les informations nécessaires sur le texte comme sur les modalités du référendum.

La très grande majorité des partis politiques se sont mobilisés pour le "oui". "A Dublin, il y a 42 ans, John Fitzgerald Kennedy citait un poète irlandais, George William Russell, et disait : "Je crois profondément dans l'avenir de l'Irlande, je crois que cette île a un destin, que celui-ci est glorieux et que quand notre heure sera venue, nous aurons quelque chose à apporter au monde". Kennedy terminait : "l'heure de l'Irlande est venue. Vous avez quelque chose à apporter au monde et c'est un avenir de paix et de liberté". Dans un contexte différent, plus sûr et plus prospère que celui de John Fitzgerald Kennedy, je me fais l'écho de ses mots. Le 12 juin, le peuple irlandais enverra un message au reste de l'Europe et plus largement au monde. J'espère que celui-ci affirmera votre volonté de vivre dans une Europe plus efficace et plus responsable" déclarait le Taoiseach (Premier ministre) Bertie Ahern (Fianna Fail, FF) le 24 octobre dernier, quelques jours après l'adoption du traité par le Conseil européen. Ce même jour, il avait remercié les partis d'opposition de leur soutien et reconnu leur engagement sans faille en faveur de l'Europe.

Avant même que ne débute la campagne, la scène politique a été ébranlée par l'annonce faite par Bertie Ahern de son départ de la tête du gouvernement. Le 2 avril dernier, le Premier ministre annonçait en effet qu'il quitterait ses fonctions de Premier ministre et son poste de leader du Fianna Fail le 6 mai. Soupçonné d'avoir reçu 47 000 livres irlandaises (62 000 euro) en 1994, Bertie Ahern comparaît actuellement devant le tribunal Mahon pour cette affaire. Le Taoiseach, qui s'est dit "préoccupé que des questions personnelles embarrassent le travail du gouvernement et du parti", a affirmé "Je ne permettrai pas que des problèmes me concernant ou concernant mes finances détournent l'attention du travail important à effectuer. Ce que j'annonce est totalement inspiré par le désir de recentrer la dynamique politique en Irlande".

Adoubé par Bertie Ahern et seul candidat à sa succession, le ministre des Finances sortant Brian Cowen (FF) était désigné le 9 avril comme futur Premier ministre et leader du Fianna Fail. Il a pris ses fonctions le 7 mai indiquant que la ratification du traité de Lisbonne constituait sa priorité. Directeur de campagne de son parti lors du référendum de 2001, Brian Cowen a déclaré qu'il ne voulait pas se trouver dans la situation d'avoir à se rendre à Bruxelles pour expliquer la perte d'une nouvelle consultation populaire. Pour certains analystes, le départ de Bertie Ahern pourrait s'avérer bénéfique pour l'issue du référendum, la démission du Premier ministre permettant de recentrer le débat sur la politique et d'oublier en partie les affaires intérieures, voire d'éviter un vote de sanction contre le gouvernement.

La très grande majorité des partis politiques appellent à la ratification du traité de Lisbonne : le Fianna Fail, le Fine Gael (FG), principal parti d'opposition dirigé par Enda Kenny, le Parti travailliste (Lab) de Pat Rabbitte et le Parti démocrate-progressiste (PD) de Michael McDowell. Le Parti vert (GP) dirigé par Trevor Sargent est divisé sur le sujet mais il a voté à 63% pour le "oui" lors de son congrès le 19 janvier dernier. Cependant, compte tenu de sa division, le Parti vert ne participera pas au débat électoral même si ses membres sont autorisés à s'engager à titre personnel dans un camp ou dans l'autre. Les 6 députés et 2 sénateurs verts se sont prononcés en faveur du "oui". Parmi les partis représentés au Parlement, seul le Sinn Fein (SF) de Gerry Adams est opposé à la ratification du traité de Lisbonne.

Avant sa démission, le Premier ministre Bertie Ahern avait tenu à mettre en avant la responsabilité qui pèse sur l'Irlande et répété que le 12 juin, tous les yeux seront tournés vers Dublin. Il a plusieurs fois rappelé tout ce que l'Irlande devait à l'Europe : "A travers le grand marché, l'Europe a permis à l'Irlande de faire un très grand bond en avant économiquement et d'accroître son niveau de vie. C'est l'Europe qui nous a permis d'atteindre le haut de l'échelle en matière de droit du travail, d'environnement et d'égalité entre les hommes et les femmes" concluant "Je pense que les Irlandais vont approuver le traité de Lisbonne parce que celui-ci sert nos intérêts nationaux et ceux de toute l'Europe".
"Le traité de Lisbonne met en avant des principes que le peuple irlandais chérit et que le gouvernement considère comme vitaux pour le pays. L'Irlande n'a pas à avoir peur et a tout à gagner à soutenir le traité" affirmait le ministre des Affaires étrangères Dermot Ahern (FF) devenu ministre de la Justice le 7 mai. Il mettait notamment en avant le droit d'initiative citoyenne, 1 million de citoyens issus d'un nombre significatif d'Etats membres peuvent demander à la Commission européenne de proposer un projet de loi. Le chef de la diplomatie irlandaise a plusieurs fois averti contre le danger que comporte un "non" au référendum, indiquant que le rejet du traité entraînerait une grave crise dans l'Union européenne. "L'alternative pour nous est de bloquer le progrès de l'Union européenne et de provoquer une nouvelle période de crise et d'incertitude au sein des Vingt-sept. Cela ne nous serait d'aucun bénéfice" a-t-il indiqué.

La campagne électorale : le camp du "oui"

Le ministre des Affaires européennes, Dick Roche, accuse les opposants au traité et notamment le Sinn Fein de colporter des "mythes" sur le traité de Lisbonne, par exemple sur la menace que celui-ci ferait peser sur la neutralité militaire. Celle-ci, issue de la longue lutte d'indépendance contre les Anglais, est inscrite dans la Constitution depuis 1937. L'armée nationale comprend 8 000 hommes qui n'interviennent officiellement que dans les opérations de maintien de la paix dirigées par l'Organisation des Nations Unies (ONU). L'Irlande est également membre du partenariat pour la paix de l'OTAN. Par ailleurs, 400 militaires irlandais sont intégrés à l'EUFOR, force opérationnelle de l'Union européenne déployée au Tchad.
"La Constitution irlandaise exige que tout engagement militaire soit soumis à référendum et il existe un mécanisme de triple verrou qui fait qu'un déploiement militaire doit être accepté à la fois par le gouvernement, le Parlement et les Nations Unies" souligne t-il. Conscient de la difficulté de lutter contre les préjugés avec de simples mots, le gouvernement a proposé en mars dernier d'amender la Constitution pour réaffirmer la neutralité militaire du pays. Dick Roche a souligné le fait qu'il n'existait aucun plan B et qu'il n'y aurait pas de possibilité de renégocier le texte.
Du côté de l'opposition, Enda Kenny, leader du Fine Gael, a expressément demandé aux Irlandais de ne pas utiliser le référendum comme un vote de protestation contre le gouvernement ou un moyen de dire leur dégoût devant les révélations du tribunal Mahon. "Il ne s'agit pas d'un référendum sur la personne de Bertie Ahern mais sur l'avenir de nos enfants" a-t-il déclaré affirmant qu'un "non ferait perdre à l'Irlande son influence en Europe".

L'Alliance irlandaise pour l'Europe (www.yestolisbon.ie) a lancé sa campagne électorale le 2 mai. Fondée en janvier 2008, cette organisation de la société civile engagée en faveur du "oui" regroupe des syndicalistes, des hommes d'affaires et des entrepreneurs (Business Alliance for Europe), des universitaires, des étudiants, des agriculteurs, des hommes politiques, etc. Elle est présidée par l'ancien ministre des Finances et du Travail et ancien leader du Parti travailliste (1997-2002) Ruairu Quinn et dirigée par Brendan Liely, ancien directeur du Mouvement européen irlandais. L'Association des petites entreprises s'est également engagée en faveur du "oui" et met en avant tout ce que l'Irlande doit à l'Union européenne, notamment le fait que le pays exporte 80% des biens et des services qu'il produit comme la création d'un million d'emplois durant les 35 dernières années, un chiffre si élevé qu'une partie des Irlandais ayant émigré sont revenus au pays (un tiers de ceux âgés de 35 à 45 ans selon l'Institut de recherche économique et social). "L'Union européenne est vitale à l'économie et au commerce de l'Irlande qui est l'un des plus grands pays exportateurs au monde" souligne t-elle.

Seul pays à organiser un référendum sur le traité de Lisbonne, l'Irlande a reçu la visite de nombreux responsables européens venus soutenir le "oui". Les 7 et 8 avril, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, s'est rendu à Dublin, le 14 avril la Chancelière allemande, Angela Merkel, et le 17 avril le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Tous ont tenu à rassurer les Irlandais. "Je veux dissiper le mythe d'une Union européenne toute puissante. L'Union ne fixe pas les impôts ni ne gère les services sociaux, de santé, d'éducation des Etats membres" a déclaré Hans-Gert Pöttering, affirmant que le traité de Lisbonne n'obligera aucunement l'Irlande à intégrer l'OTAN, à autoriser l'avortement ou à modifier sa taxe sur les entreprises. Cette dernière, qui s'élève à 12,5%, est parmi les plus faibles d'Europe. Elle a joué un rôle important dans le décollage économique de l'Irlande, amenant ces dernières années de nombreuses entreprises, notamment américaines, à s'implanter dans un pays qui a l'immense avantage d'être anglophone et de posséder une main d'œuvre diplômée. Dublin veille jalousement sur sa taxe de 12,5% tandis que la France et l'Allemagne se battent pour une harmonisation fiscale au niveau européen.
"Une chose est aussi claire que du cristal : aucun Etat membre ne peut être obligé d'accepter une réforme fiscale qu'il refuse" a indiqué José Manuel Barroso. Celui-ci a été accueilli par une vaste manifestation d'agriculteurs venus protester contre les propositions de l'Union européenne dans les négociations avec l'OMC qui, selon eux, menacent l'élevage bovin et la production laitière. "La Commission européenne a trahi les agriculteurs" a déclaré Padraig Walshe, président de l'Association des agriculteurs irlandais qui compte 85 000 membres, affirmant qu'il ne pouvait en aucun cas soutenir le "oui".

Le camp du "non"

Les partisans du "non" se positionnent sur 6 thèmes : l'avortement, la neutralité militaire, le système fiscal, les questions sociales, l'immigration et la place de l'Irlande dans la future Union européenne. L'extrême droite et les groupes luttant contre l'immigration affirment que le traité de Lisbonne retirera à l'Irlande le contrôle de ses frontières. "Nous le voyons comme un chèque en blanc" a déclaré Aine Ni Chonaill, porte-parole de l'Immigration Control Platform, mettant en cause la Charte des droits fondamentaux qui, selon lui, oblige les Etats membres à accepter les demandeurs d'asile et à leur accorder le droit de travailler.

Beaucoup expriment leurs inquiétudes quant aux futurs pouvoirs dont disposera leur pays. Ils craignent que la voix de l'Irlande et le nombre des voix dont elle dispose soient réduits et que les plus grands Etats dominent les débats et imposent leurs décisions. "Le nouveau système de vote au Conseil des ministres réduit notre poids de 60% tandis qu'il accroît celui de l'Allemagne de 100% et celui de la France de 50%. Le président de l'Europe ne s'intéressera pas à ce que nous pensons parce qu'il n'aura pas besoin de notre vote, de même pour le ministre des Affaires étrangères. L'Union devient aussi une entité légale et obtient la compétence exclusive sur des domaines qui affectent la vie des gens. La ratification du traité de Lisbonne rendra les décisions de la nouvelle Union européenne supérieures à la Constitution irlandaise. C'est trop de pouvoir" déclare Declan Ganley, président de Rivada Networks, homme d'affaires se qualifiant lui-même de pro-européen et fondateur de l'organisation Libertas qu'il présente comme un nouveau mouvement européen dont l'objectif est de défendre la démocratie et la transparence au sein des institutions européennes. Libertas appelle à voter "non" et a lancé sa campagne le 12 mars avec 3 slogans : "L'Europe a été bénéfique à l'Irlande, ne changeons rien. Votez non au traité de Lisbonne", "Des faits, pas de politique" et "Lisbonne. Bon pour eux. Mauvais pour nous". Il estime que le "non" constitue "la seule chance d'éviter que l'Europe tombe dans les mains de bureaucrates non élus". Cette opposition de chefs d'entreprises est particulièrement inquiétante. Il s'agit d'une première dans un pays où les patrons ont toujours été favorables aux avancées européennes.

Seul parti parlementaire à être opposé au traité, le Sinn Fein souligne que le texte a été mal négocié et accorde trop de pouvoir à l'Union européenne, réduisant la capacité de l'Irlande de s'opposer aux décisions qui ne sont pas dans son intérêt. "Le traité accorde trop de pouvoir aux institutions européennes" répète son leader Gerry Adams. Parti d'extrême gauche, le Sinn Fein fait campagne sur la remise en cause de la neutralité militaire, le manque de démocratie et l'atteinte à la souveraineté irlandaise, mais également sur les attaques contre les droits sociaux que contient, selon lui, le texte qu'il accuse de détruire les services publics et de favoriser les privatisations. "Nous ne pouvons soutenir un traité qui donne des pouvoirs à des gens non élus et non responsables, qui détruit les services publics, oblige l'Irlande à une défense commune et affaiblit sa voix sur la scène européenne" affirme le parti. "Nous (Sinn Fein) ne nous opposons pas au traité de Lisbonne pas parce que nous sommes eurosceptiques mais parce que nous sommes ambitieux pour l'Europe et parce que nous croyons que, collectivement et démocratiquement, les Européens peuvent faire de grandes choses" peut-on lire dans le matériel de campagne du parti qui a choisi pour slogan : "L'Irlande mérite mieux. Votez non au traité de Lisbonne".
Le Sinn Fein, qui a publié un guide alternatif du texte européen, veut déculpabiliser les électeurs et répète que "les institutions européennes ne vont pas s'écrouler si les Irlandais rejettent le traité de Lisbonne" ou que "les Irlandais (s'ils votent "non") ne deviendront pas les parias de l'Europe". "Contrairement à ce que dit le gouvernement, peu importe combien de personnes voteront "non" au référendum, la place de l'Irlande dans l'Union européenne est assurée. On peut être pro-européen et être opposé au traité de Lisbonne" indique le porte-parole du Sinn Fein, Aengus O Snodaigh.

A gauche, 11 organisations (le Sinn Fein, le Parti socialiste (SP), le Parti des travailleurs (WP), le Parti communiste d'Irlande (CPI), le Parti socialiste des travailleurs (SWP), l'ONG anti-guerre Peace and Neutrality Alliance (PANA) dirigée par Roger Cole, membre du Parti travailliste, le Peuple avant les profits, le Mouvement du peuple, la Plateforme nationale, Eirigi et le Mouvement anti-guerre irlandais) ont créé un collectif (www.caeuc.org) et un comité de campagne pour le "non".

Une enquête d'opinion réalisée par la commission du référendum et publiée le 28 avril révélait que 4 électeurs sur 5 (80%) ne savaient pas de quoi traitait le traité de Lisbonne. 5% des personnes interrogées se déclaraient informées et 15% averties. Les autorités espèrent fortement que la campagne et une plus grande connaissance du texte fera grossir le rang des partisans du "oui". "Beaucoup de gens doutent, ce qui signifie qu'il existe un réel risque de vote "non"" souligne Alan Dukes, ancien directeur de l'Institut irlandais des affaires européennes. Même l'ancien président du Parlement européen (2002-2004), Pat Cox a souligné que les partisans du "oui" n'avaient jusqu'ici pas trouvé le moyen de mobiliser les électeurs. Le commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, Charlie McCreevy (FF), a averti qu'il faudrait livrer une "grande bataille pour assurer la victoire". La campagne électorale n'a toutefois pas véritablement débuté et certains analystes imputent le faible enthousiasme manifesté par les Irlandais à leur manque d'information.

La dernière enquête d'opinion réalisée par l'institut Red C entre le 3 et le 7 mai et publiée le 11 mai dernier par le Sunday Business Post révèle que 38% des électeurs soutiennent le "oui" (+ 3 points par rapport à la précédente mesure datée du 27 avril). Un peu plus d'un quart des personnes interrogées (28%) se prononcent en faveur du "non" (- 3 points) et enfin un tiers (34%) se déclarent indécis. Si l'on ne prend pas ces derniers en compte, le "oui" s'impose par 58%, contre 42% pour le "non". La remontée du vote "oui" s'explique par une augmentation du nombre des partisans du traité de Lisbonne parmi les sympathisants de l'opposition, notamment des proches du Fine Gael.

"Le sort du traité va dépendre du taux de participation. S'il est fort, le "oui" l'emportera haut la main. S'il est faible, le document est mort" indique le directeur de l'institut d'opinion TNS-mrbi, Damian Loscher. La faible participation avait été l'une des causes de la victoire du "non" lors de la consultation de 2001. Les hommes, les patrons, les travailleurs syndiqués, les actifs et les jeunes se montrent les plus favorables à la ratification du traité de Lisbonne. Politiquement, les sympathisants du parti du Premier ministre, le Fianna Fail, sont également les plus nombreux à se prononcer pour le "oui". En revanche, les partisans du "non" se recrutent majoritairement parmi les agriculteurs, les plus ardents défenseurs de la neutralité irlandaise, les proches du Sinn Fein et les habitants des régions les plus pauvres du pays (le centre, l'Ouest et la zone frontalière avec l'Irlande du Nord).
La campagne officielle a débuté le 12 mai dernier.

Corinne Deloy

26/02/2008

Un record historique de recrutement de cadres attendu en 2008

Info_2Les embauches de cadres en 2008 devraient se situer dans une fourchette allant de 200.000 à 219.000 recrutements, selon l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Les cadres confirmés devraient être les grands bénéficiaires de ce vent d'optimisme. Le secteur des services et les fonctions commerciales et informatiques restent les recruteurs les plus importants.

En 2008, les entreprises devraient recruter entre 200.000 et 219.000 cadres, selon une étude prévisionnelle de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), publiée ce mercredi 13 février. Si ces chiffres se confirment, un nouveau record serait battu, après les 201.000 embauches de 2006 et les 208.200 de 2007, loin devant le sommet de 190.200 embauches engendrées par la bulle internet en 2001. En dépit de la crise des "subprime", de la récession ou non, les entreprises françaises portent leur optimisme à des niveaux jamais atteints.

Qui sera recruté en 2008 ? Les jeunes cadres, entre 1 et 5 ans d'expérience, sont les grands bénéficiaires de cette bonne santé. Le nombre d'offres qui devrait leur être spécifiquement destiné progresse de 11% entre 2007 et 2008. Les cadres confirmés suivent avec une hausse de 5%, mais restent les plus recherchés par les entreprises, avec 100.000 embauches prévues. Pour les cadres débutants, l'année 2008 devrait se révéler un bon cru avec 49.000 offres prévues selon l'Apec en hausse de 2%.

Qui va recruter en 2008 ? Les services restent les plus importants recruteurs avec un nombre d'offres d'emploi prévu pour 2008 dans une fourchette de 132.000 à 150.000, soit une hausse de 10% par rapport à 2007. Le secteur BTP devrait progresser au maximum de 8% à 11.100 embauches et le commerce pourrait augmenter de 4% à 23.200 offres. Le seul secteur à plonger dans le marasme est l'industrie dont les prévisions d'embauches 2008 devraient décroître par rapport à 2007 de -13% à -1%.

Les fonctions qui recrutent le plus demeurent le commercial (entre 46.000 et 49.000 offres) et l'informatique (entre 36.000 et 40.000 offres), suivies par la recherche-développement (entre 32.000 et 35.000 offres). Ces trois fonctions figurent également parmi celles dont les embauches progressent le plus entre 2007 et 2008.

Au plan régional, l'Ile-de-France, sans surprise, affiche le nombre de recrutement le plus important (98.000), loin devant Rhône-Alpes (19.500) et Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse (12.900). Ce sont les régions du sud qui affichent les plus belles croissances d'embauches: Midi-Pyrénées (9%), Languedoc-Roussillon (8%), Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse (8%) et Aquitaine (7%).

Des difficultés de recrutement ? Dans ce contexte très optimiste, il fallait bien une touche de gris clair. Elle est donnée par la forte baisse du nombre moyen de candidatures par offre. Il revient de 59 à 38, limitant le choix des entreprises. Cette baisse est surtout marquée pour l'informatique et la gestion administrative. De même, la part des recrutements jugés difficiles progresse. A quelque chose malheur est bon, les entreprises élargissent fortement le champs des profils qu'elles recherchent, notamment vers les diplômés de l'université.

Source : www.latribune.fr

Article : http://www.latribune.fr/info/ID19FEC561059C07BEC12573ED0036083D

Commentaire : bel article qui donne le moral en ce début d'année. Un chiffre m'a cependant interloquée : LE NOMBRE MOYEN DE CANDIDATURES PAR OFFRE = 38. J'aurais pensé 380. Après relecture, ce 38 mérite une enquête ! Qu'en pensez-vous ?

10/02/2008

Neuf Cegetel a gagné un million d'abonnés ADSL en 2007

Business - L'opérateur enregistre un chiffre d'affaires 2007 en progression de 15,6 % et revendique au total 3,2 millions de clients. Une progression stimulée par l’intégration définitive d’AOL, le rachat de Club Internet, ainsi qu’une forte croissance organique.

La ronde des bilans 2007 des opérateurs télécoms français se poursuit : après Orange, Neuf Cegetel. Le groupe affiche un chiffre d'affaires de 3,34 milliards d'euros, en progression de 15,6 %. Son résultat net sera dévoilé le 11 mars au moment de la publication des résultats financiers complets.

La croissance de Neuf Cegetel se fait essentiellement grâce à sa division grand public, dont les revenus ont augmenté de 65 % pour atteindre 1,4 milliard d'euros. « Cette accélération est essentiellement due au dynamisme de l'activité haut débit, qui représente désormais 80 % du chiffre grand public », souligne Neuf Cegetel.

Son activité Entreprises affiche un chiffre d'affaires de 1,03 milliard d'euros (+7 %), tandis que sa division Opérateurs est en recul de 17 % à 871 millions d'euros. Ce dernier chiffre s'explique par la stratégie d'acquisition menée depuis trois ans au cours desquels le groupe a avalé Cegetel (2005), puis AOL (2006) et enfin Club Internet (2007). Autant de sociétés qui étaient clientes de ses services pour opérateurs.

Sur le secteur grand public, pour la deuxième année consécutive, Neuf Cegetel parvient à augmenter sa base de clients d'un million d'abonnés supplémentaires, dont « environ 450 000 hors Club Internet ». Au 31 décembre 2007, l'opérateur revendiquait 3,224 millions de clients, soit une part de marché de 21 %, contre 17 % il y a un an (*). Reste à attendre les chiffres définitifs de son rival Free, pour savoir si Neuf est parvenu à conserver durablement la deuxième position sur le marché français de l'ADSL.

Tous ses abonnés sous une seule marque : Neuf

Fort de toutes ses acquisitions, l'opérateur veut miser sur une seule marque forte : Neuf. Il lui faut donc faire passer progressivement les utilisateurs des autres marques vers les services Neuf. Au quatrième trimestre 2007, quelque 500 000 abonnés de Cegetel et d'AOL ont ainsi migré. Pour l'instant, la migration des clients de Club Internet est toujours à l'état de test. La marque Neuf regroupe, à ce jour, 80 % des abonnés haut débit du groupe, contre 57 % au 30 juin 2007.

De plus, 66 % des clients disposent d'offres dégroupées, et s'affranchissent plus ou moins du réseau de France Télécom pour être connectés directement sur celui de Neuf Cegetel. Parmi ceux-ci, ils sont 750 000 à avoir activé le service de télévision par ADSL proposé par l'opérateur.

Par ailleurs, l'offre Neuf Mobile, qui s'appuie notamment sur le combiné hybride Twin, a séduit 300 000 clients.

Grâce à ces bons résultats, le groupe confirme ses objectifs pour l'année 2008 : afficher une croissance de 20 % du chiffre d'affaires sur son activité grand public. Une année qui cruciale pour l'opérateur, puisque l'OPA de SFR sur Neuf Cegetel devrait avoir lieu à l'automne.

(*) La part de marché du nombre d'abonnés sur le secteur grand public est calculée à partir des données publiées par Orange en début de semaine.

Par Estelle Dumout, ZDNet France

27/01/2008

Garde à vue prolongée pour le trader de l'affaire SocGen

PARIS (Reuters) - La garde à vue de Jérôme Kerviel, le trader accusé par la Société générale d'une perte historique de 4,9 milliards d'euros, a été prolongée dimanche pour 24 heures à la brigade financière, avec laquelle il coopère, a-t-on appris de source judiciaire.

Le jeune homme de 31 ans consent à répondre aux questions. "Les conditions de la garde à vue se déroulent très bien. L'enquête menée par les spécialistes de la brigade financière a été extrêmement fructueuse", a dit aux journalistes Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet.

"Pour l'instant, il a accepté de s'expliquer sur les faits qui ont été dénoncés par la plainte de la Société générale, il s'explique (...) de manière très intéressante. Ca progresse bien et dans de bonnes conditions", a-t-il ajouté.

Lundi matin, deux options judiciaires se présenteront, sa remise en liberté si aucune charge n'est retenue, ou, plus vraisemblablement, sa présentation à un juge d'instruction.

Le magistrat, s'il est saisi, pourra le mettre en examen, mesure qui peut être assortie d'un placement en détention ou sous contrôle judiciaire. Le juge d'instruction a aussi la possibilité théorique de l'entendre comme témoin assisté.

Convoqué samedi en début d'après-midi, le trader s'est présenté spontanément à la police. Une enquête préliminaire est ouverte depuis jeudi et une perquisition a été menée vendredi au domicile de Jérôme Kerviel à Neuilly (Hauts-de-Seine), où ont été saisis des ordinateurs.

50 MILLIARDS D'EUROS

Les policiers de la brigade financière se sont également rendus au siège de la Société générale, à La Défense, où les dirigeants de la société leur ont remis "volontairement" une série de documents et de pièces informatiques liés à la fraude dont elle se dit victime.

Le parquet de Paris travaille sur la base de deux plaintes : l'une contre "X" déposée par un petit porteur de la banque, l'autre émanant de la direction de la Société générale et visant nommément Jérôme Kerviel.

La première plainte concerne les faits d'"abus de confiance, escroquerie, faux, usage de faux". La seconde a été déposée pour "faux en écritures de banque, usage de faux en écritures de banque" et intrusion informatique.

Dans une note explicative envoyée à la presse dimanche, la Société générale explique que c'est une mise astronomique, de l'ordre de 50 milliards d'euros - soit davantage que le PIB du Maroc - sur des produits liés à des indices boursiers qui a provoqué la perte historique dans l'histoire financière.

La banque accable son trader en expliquant qu'il a dissimulé ses actions par des opérations fictives, usurpé des codes d'accès informatiques pour annuler certaines opérations, falsifié des documents et déjoué les contrôles par des manoeuvres.

SCEPTICISME

De nombreux spécialistes et responsables politiques se disent sceptiques sur ce scénario."Normalement les opérateurs peuvent prendre des décisions pour quelques dizaines de millions d'euros selon leur ancienneté, donc les prises de risques sont limitées", a dit à Reuters Me Frédérik-Karel Canoy, avocat du petit porteur plaignant.

"(Jérôme Kerviel) n'avait pas un grade élevé et vous avez une dizaine de personnes qui font un point tous les soirs sur ce qui est fait", a-t-il ajouté.

Le P-DG de la banque, Daniel Bouton, qui avait qualifié jeudi son trader de "terroriste", assure toujours qu'il était le seul responsable.

Le fait que la direction ait attendu mardi ou mercredi pour informer les autorités politiques de l'affaire, et jeudi pour porter plainte, alimente les soupçons.

Le Premier ministre François Fillon a demandé un rapport à la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Le président Sarkozy, en visite en Inde, a mis en cause le fonctionnement du système bancaire et ses activités spéculatives.

"Si on peut faire des profits en quelques heures, on peut faire des pertes gigantesques en quelques heures aussi. Et il serait temps de se rendre compte (qu'il faut) mettre un peu de sagesse dans tous ces systèmes", a-t-il dit.

Le PS et certaines personnalités UMP demandent un débat, voire une enquête, à l'Assemblée nationale.

L'escroquerie - qui a peu de chances d'être retenue - est punie de cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende, le faux et l'usage de faux de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende et l'intrusion informatique de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.

Thierry Levêque

13/01/2008

Comment Paris finance la province !!!!

La capitale est très compétitive... mais une grande partie des richesses qu'elle produit se dépense ailleurs, démontre l'économiste Laurent Davezies.

Paris asphyxie la province. Ce lieu commun solidement enraciné en France n'a qu'un seul inconvénient: il est... faux! C'est ce que démontre avec brio l'économiste Laurent Davezies dans un livre original, vif et torrentueux comme son auteur.

Partout, depuis toujours, les hommes abandonnent les terres pauvres pour s'installer dans les régions riches. Or cette règle connaît au moins une exception notable: la France contemporaine. Depuis quinze ans, ses habitants quittent les territoires les plus compétitifs - l'Ile-de-France, en premier lieu - au profit de ceux qui le sont moins, comme le Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes ou la Corse.

Les retraités contribuent puissamment à ce mouvement. Ceux qui en ont les moyens s'installent à Menton, à Hyères ou à Bayonne. Les moins fortunés choisissent le Massif central ou la Manche. Mais rares sont ceux qui optent pour les zones industrielles et les quartiers de bureaux. Résultat: Paris subit un véritable exode des plus de 60 ans... et de l'argent qui va avec.

Plus surprenant: les actifs contribuent aussi au phénomène. Soit qu'ils privilégient la qualité de vie plus que l'argent, soit qu'ils cherchent à combiner les deux: avec le même salaire, le pouvoir d'achat est supérieur loin des grandes métropoles, compte tenu, notamment, des prix de l'immobilier. D'autant que les progrès de la mobilité permettent aux «rurbains» d'habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail. A Beauvais (Oise), par exemple, de nombreux habitants sont employés en région parisienne. Les salaires sont bien versés en Ile-de-France, mais consommés en Picardie!

Les impôts et les dépenses publiques fonctionnent, eux aussi, comme une gigantesque lessiveuse: l'Etat prélève de l'argent où se crée la richesse - Paris, Grenoble, Strasbourg... - pour le redistribuer ailleurs. Avec des gagnants et des perdants: la contribution nette de l'Ile-de-France s'élève ainsi à 10% de son PIB, a calculé Davezies, tandis que le bénéfice net de Languedoc-Roussillon est du même ordre!

Le tourisme, enfin, joue un rôle majeur, puisque, là encore, l'argent gagné à Nantes ou à Toulouse est dépensé à La Baule ou dans le Lot. Même l'Ile-de-France, malgré le Louvre, malgré Versailles, malgré Disneyland Paris, est globalement perdante. Sur l'ensemble de l'année, on compte plus de Franciliens en visite à l'extérieur de leur région que de touristes dans la capitale et ses alentours.

Résultat: en pleine mondialisation, les Français dont les revenus augmentent le plus habitent dans les régions les... moins compétitives. La richesse a augmenté de plus de 50% en Lozère entre 1990 et 2004, mais seulement de 20% en Ile-de-France. C'est que, souligne l'économiste, les emplois dits compétitifs, c'est-à-dire privés et exposés à la concurrence internationale, ne sont pas si nombreux. Dans le Morbihan comme dans les Hautes-Alpes, les revenus qu'ils engendrent pèsent deux fois moins que les dépenses publiques et les prestations sociales...

Conclusion de Davezies: en France, une politique d'aménagement du territoire bien comprise doit consister à aider les espaces productifs et d'abord la région parisienne. Car il n'existe pas de pays où les régions wagons - qui vivent des richesses créées ailleurs - avancent durablement plus vite que la région locomotive...

par Michel Feltin

19/12/2007

Toute la france réformé?

En 2012 après Jésus-Christ... Toute la France est réformée. Toute la France ?
Non... Une petite poignée de fonctionnaires résiste encore et toujours à l'envahisseur. Retranchés dans leur petit village privilégié, il sont encerclés par les camps fortifiés de Refurm, Referendum, Droidelum et ServiceMinimum.
Nos héros :
- Cegetix le Syndiqué : petit grèviste malin, il a toujours une bonne idée
pour échapper au travail et trouve toujours un prétexte pour déclencher une
grève générale.
- Fonctionpublix : le meilleur ami de Cegetix, Fonctionpublix refuse d'admettre qu'il mange trop, et est prêt à taper sur tous ceux qui lui font remarquer qu'il est "un peu enveloppé". Il accompagne Cegetix dans toutes ses aventures, tant qu'on peut rigoler et échapper au boulot.
- Echapofix le délégué syndical : l'heure de gloire d'Echapofix a été le merci white_bird jour où il a réussi à faire passer sa somptueuse résidence aux frais du CE de sa société.
- Prenpadrix : c'est lui qui appelle à la grève générale depuis plus de 30
ans en promettant tout et n'importe quoi à ses militants. Il n'a qu'une seule crainte : que du travail lui tombe sur la tête.
- Bloqulepayx le druide : c'est lui qui prépare la potion de grève, la
recette magique qui permet à nos héros de résister encore et toujours aux réformes.
Avec leurs amis Eratepix, Assedix, Eraimix, Taxonléprofix, Essainecefix...
ils luttent courageusement pour la défense de leurs privilèges.

13/12/2007

Petite leçon humouristique de Marketing

  • Tu es à une soirée et tu vois une nana très attirante.
    Tu t'approches d'elle et tu lui dis :
    " Je suis un très bon coup "
    ça c'est du marketing direct
  • Tu es à une soirée avec un groupe de copains et vous voyez une nana très attirante.
    Un de tes amis s'approche d'elle et lui dit :
    "Tu vois ce garçon là bas, c'est un très bon coup".
    ça c'est de la publicité
  • Tu es à une soirée et tu vois une nana très attirante.
    Tu lui demandes son numéro de téléphone.
    Le lendemain, tu l'appelles et tu lui dis :
    " Je suis un très bon coup "
    ça c'est du télémarketing
  • Tu es à une soirée et tu vois une nana très attirante.
    Tu la reconnais. Tu t'approches d'elle, tu lui rafraîchis la mémoire
    et tu lui dis :
    " Tu te souviens que je suis un très bon coup ? ".
    ça c'est du Customer Relationship Management
  • Tu es à une soirée et tu vois une nana très attirante.
    Tu te lèves, tu arranges un peu tes vêtements, tu t'approches d'elle et
    tu lui sers un verre. Tu lui ouvres la porte lorsqu'elle part, tu
    ramasses son sac lorsqu'il tombe.
    Tu lui offre une cigarette et tu lui dis :
    " Je suis très bon coup "
    ça c'est des Relations publiques
  • Tu es à une soirée et tu vois une nana très attirante.
    Elle s'approche de toi et te dit :
    " j'ai entendu dire que tu es un très bon coup ".
    CA C'EST DU BRANDING, LE POUVOIR DE LA MARQUE

Une pub bien faite ...

 
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